Le dessin scientifique

 

Le dessin scientifique n’est pas le parent pauvre de la représentation par l’image de l’objet scientifique. C’est une manière de voir cet objet, qui complète l’éventail des techniques de l’imagerie dans tous ses aspects. Le dessin scientifique permet d’exprimer, ou de mettre en valeur le caractère essentiel ou le détail que l’imagerie classique ne met pas en évidence. Il rend possible un dialogue précis entre chercheurs en mettant en relief, de manière tangible, les caractéristiques de l’objet étudié, ou à étudier. Pour y parvenir, le dessinateur doit avoir le talent de faire apparaître, de manière pratique et efficace, un maximum d’informations sur l’aspect de la matière, ses limites dans l’espace, et de créer l'impression intuitive nécessaire à la compréhension technique de l'objet d'étude. Le dessinateur scientifique est une sorte d’interprète, dont la responsabilité est grande puisque c’est de son interprétation picturale, bonne ou mauvaise, exacte ou approximative, que dépendra l’exactitude de l’étude. Il doit donc, pour s’acquitter de sa tâche avec excellence, être doté d’un sens de l’observation et d’un esprit critique, au-dessus de la moyenne.

 

Les instruments de travail

 

binoculaire-a-chambre-claire

 

01

 

microscope


modele-a-dessiner

 

bocaux-contenant-invertebres

 

Qu'est-ce que la morphologie ?

C'est l'étude de la forme des êtres vivants.

Qu'est-ce que l'anatomie ?

C'est l'étude de la structure des êtres vivants organisés par les moyens de la dissection.

 

 

Travail au microscope électronique à balayage

 

20

 

21

 

De nos jours, les dessinateurs scientifiques utilisent également les instruments informatiques. Des programmes de dessin assisté par ordinateur facilitent leur tâche. Reste que l’observation par l’œil humain est sans conteste supérieure, car elle ne génère pas d’ombre contrairement aux cellules photoélectriques. La photographie microscopique est extraordinaire, mais il faudra toujours l’œil humain pour détecter et éventuellement rectifier le détail important, voire capital, que peut cacher une zone d’ombre dans l’étude du sujet observé.

 

 

Exécution d'un dessin

 

14

 

 

17

 

 

Les oeuvres pas à pas : Différentes techniques

 

Pointillés

 

10 12

 

15

 

 

Papier à grains

 

 

08

 

 

Par lissage

 

09

 

Hachures et contre-hachures

 

11

 

 

16

 

Crayons aquarelle

 

03

 

Aquarelles

 

22

 

La gouache

 

05

 

19

 

 

Gros plans et détails sur certains d'entre eux

 

Deux gros plans

 

 

tete de crepidoptenus decosser

 

tete d'araignée

 

 

Détail de filières d'araignée

 

07

 

Détail de diplopode

 

13-1

 

 

Quelques planches scientifiques

 

18-1

 

Etudes

 

Etudes de dipolopode

 

02

 

Etude d'araignée gastéracanthine

 

Etude sur les araignées Gastéracantha

 

 

 Au delà de la rigueur, re-création artistique

 

Poésie champêtre

 

poesie champetre

 

Longicorne et grenouilles acrobates

 

longicorne sterotomis thomsoni

 

Bien que passionnante, la tâche de ces artisans épris de nature, que sont les dessinateurs, est également frustrante. En effet, travaillant dans l’ombre de la science, l’art qu’ils mettent à son service passe le plus souvent inaperçu, les privant de reconnaissance.
Leurs travaux servent de faire-valoir aux chercheurs et enrichissent les publications spécialisées de notre patrimoine scientifique, mais restent ignorés de notre patrimoine artistique. Pourtant, les règles spécifiques au dessin scientifique sont identiques dans toutes les cultures, en ce qu’elles servent la science et sont nécessaires, alors que l’art pour l’art vise le plaisir esthétique et l’agrément du public.
Cependant, il faut bien le reconnaître, les illustrateurs scientifiques sont une espèce en voie de disparition, car les moyens technologiques modernes de reproduction, même avec les inconvénients qui leur sont inhérents, restent incontournables, parce qu’ils permettent une exécution plus rapide et moins onéreuse.
Le facteur temps étant de plus en plus impératif – productivité oblige – l’artiste, inséré, lui, dans l’espace – temps humain, se voit imposer des contraintes techniques de plus en plus exigeantes. Il est à craindre que, tel un oiseau entravé, ou auquel on a coupé l’extrémité des ailes, il ne devienne un technicien incapable désormais du moindre envol artistique. Aussi, pour trouver une raison de vivre en exerçant son art, il ne lui restera plus qu’à rejoindre le « cercle des poètes disparus », ses collègues qui ont choisi d’être libres comme l’air, dans l’espace où les attend le grand public, et ne plus dessiner désormais que pour lui.